Parcours innovants d’apprentissage via un CFA de branche

  • Région : Ile-de-France
  • Adresse : Université Pierre et Marie Curie, Université Paris Sud, Université Dauphine
  • Action : Formation en alternance entre l’université et l’entreprise

En résumé

Pour mieux répondre aux attentes des entreprises, le Leem (les entreprises du médicament) a créé les CFA LEEM Apprentissage, qui proposent, en partenariat avec différentes universités, des formations en alternance aux jeunes âgés de moins de 26 ans. Leur objectif est de permettre aux étudiants d’acquérir à la fois des connaissances techniques et scientifiques de haut niveau et une solide ouverture sur l’entreprise. Professionnels, universitaires et industriels sont activement impliqués aux côtés des étudiants dans ces cursus, qui conduisent à des métiers spécifiques de l’industrie pharmaceutique et des industries de la santé.

Déroulement

Bioanalyses, production pharmaceutique, microbiologie industrielle, droits des industries de produits de santé…. les formations proposées dans les CFA LEEM sont extrêmement diverses et permettent d’accéder à un très large éventail de métiers, tout en ciblant les milieux dans lesquels le besoin de personnel qualifié est croissant. Ainsi la Faculté de Médecine Saint-Antoine (Université Pierre et Marie Curie) propose une Licence pro Métiers de la recherche clinique qui forme de futurs coordinateurs data, logisticiens, ou assistants pharmacovigilance, profils très recherchés dans l’industrie pharmaceutique. Autre secteur d’avenir : le Management de la qualité. A l’Université Paris Sud, un Master II pro prépare pharmaciens et futurs cadres aux exigences réglementaires et à l’application de tous les principes de bonnes pratiques pharmaceutiques dans l’ensemble des secteurs pharmaceutiques. Et les débouchés des formations ne sont pas uniquement industriels. Ainsi, le Master pro Economie et Gestion de la santé, dispensé à l’Université Paris Dauphine, constitue aujourd’hui le cadre de référence pour la connaissance et la maitrise des mécanismes et des contraintes socio-économiques qui régissent les activités sanitaires. Dès le BAC+2 !

Les CFA LEEM proposent plusieurs formations accessibles dès niveau Bac+2 comme la Licence pro Métiers de la recherche clinique de l’Université Pierre et Marie Curie. Elle s’adresse à la fois à des étudiants issus de cursus très divers (biologie, informatique, psychologie, mathématiques ou encore chimie) mais également aux professionnels de Santé, aux infirmières ou sages-femmes, qui veulent se spécialiser. De la même façon, le Master pro Gestion de la santé (Université Paris Dauphine) recrute des étudiants au profil assez large, venus de sciences sociales ou de santé, avec une prévalence d’étudiants en pharmacie ayant opté pour la filière industrie. Mais pourvu que la candidature soit pertinente et qu’il y ait une cohérence entre le parcours antérieur et le projet professionnel, le Master peut également s’avérer être un excellent complément pour des ingénieurs biomédicaux, des normaliens ou des étudiants diplômés de sciences-po. Pierre Levy, responsable de la formation, se dit très attaché à cette diversité dans les profils des candidats : « Tous nos étudiants se sont toujours félicités de cette mixité dans laquelle chacun apporte ses connaissances et ses compétences aux autres ». Certaines formations exigent toutefois des parcours plus spécifiques, comme le Master II Pro Management de la qualité (Université Paris Sud), qui nécessite d’être titulaire d’un Master I en microbiologie, chimie, qualité, d’une 5e année d’étude de pharmacie validée, ou d’un diplôme d’ingénieur généraliste.

Des étudiants motivés !

Le processus de sélection est chaque fois similaire : les candidats sont d’abord retenus sur dossier, puis à l’issue d’entretiens devant un jury réunissant maîtres de conférence, professeurs et industriels. « Les bons candidats sont des étudiants motivés, qui veulent aller sur le marché du travail. Ils doivent aimer l’innovation et accepter de s’adapter aux évolutions de la recherche clinique qui sont, par principe, très fréquentes » explique le Pr Tabassome Simon, qui coordonne la licence pro Métiers de la recherche clinique, « Il faut aussi comprendre la nécessité d’une grande rigueur dans le travail ». L’objectif du jury est également d’évaluer le projet professionnel déjà élaboré par l’étudiant. « C’est très important pour nous » souligne Pierre Tchoreloff, qui dirige le Master Management Qualité, « En plus d’avoir réalisé un cursus correct, puisque c’est un critère objectif d’entrée, nous recherchons des étudiants qui ont pris la peine de réfléchir à un projet professionnel, si possible assis sur une première expérience industrielle ».

Une plongée dans l’entreprise

Les cours sont organisés directement par les facultés et dispensés par des universitaires et des industriels. « J’essaie aussi au cours de l’année d’emmener les étudiants à des congrès », souligne Pierre Tchoreloff, « Ils sont plongés dans les problématiques réelles du milieu qui va les accueillir ensuite. Cela fait partie des éléments pédagogiques sur lesquels j’insiste ». La formation en entreprise est réalisée avec l’accompagnement d’un maître d’apprentissage, qui guide l’apprenti dans sa découverte de l’entreprise et du métier, puis dans l’évolution de ses connaissances. Au sein de l’entreprise, les apprentis auront à mener un projet tutoré avec leur maitre d’apprentissage, suivi par le tuteur académique. « Un vrai travail de recherche sur un vrai sujet » précise le professeur Tabassome Simon, « On leur demande de réfléchir sur un projet qui intéresse l’entreprise et qui constitue une une vraie problématique, dans l’organisation de la recherche, des médicaments, ou des pratiques médicales. »

Le rythme de l’alternance est très variable d’une formation à l’autre. Il peut être hebdomadaire (2 jours de cours, 3 jours en entreprise) comme c’est le cas du Master pro Economie et gestion de la santé. Parfois, la formation alterne 2 semaines de cours et 2 semaines en entreprise (Licence pro recherche clinique) ou 1 semaine de cours et 3 semaines en entreprise (Master pro management de la qualité).

De leur côté, les conseillers des CFA Leem Apprentissage se chargent d’assurer la promotion des formations auprès des industriels et des étudiants. Ils participent aux différentes phases de sélection des candidats à l’apprentissage et accompagnent chaque étudiant(e) et futur(e) apprenti(e) dans sa démarche d’orientation. Ils sont en lien constant avec les établissements partenaires.

Résultats obtenus

L’université Dauphine demande systématiquement à l’APEC de faire une étude sur le devenir des étudiants trois ans après l’obtention de leur diplôme. Effectuée en 2011 auprès de la promotion 2007-2008 du Master Economie et Gestion de la santé, le rapport officiel indique un taux d’insertion professionnelle de 100%. A l’issue de la plupart des formations proposées par les CFA Leem, l’absence de délais constatée entre le diplôme et l’embauche démontre l’efficacité de l’apprentissage en alternance et son adéquation avec l’attente des entreprises. « Beaucoup d’entreprises considèrent la période d’apprentissage comme une première expérience professionnelle, cela facilite l’embauche » remarque le professeur Simon. « Les étudiants ressortent 100% opérationnels », pour Pierre Tcholeroff.La très forte demande d’apprentis des industries pharmaceutiques ou de biotechnologie contribue à la notoriété des formations proposées par les CFA Leem, et devrait permettre d’assurer un bel avenir à ces formations et aux étudiants qui les choisissent.