Journées du patrimoine : Les collections de Pharmacie à Montpellier 1

A l’occasion des journées du patrimoine, la faculté ouvre ses portes, organisant des visites, des conférences, des animations et des projections.

L’Ecole de pharmacie de Montpellier a été créée par la loi du 21 Germinal an XI (11 avril 1803). Installée dans l’ancien collège de Médecine, elle a quitté le centre-ville il y a plus de trente ans. Sur le nouveau campus ont été transférés la galerie de portraits des professeurs, pendus aux cimaises des salles des Actes et du Conseil, et les collections du Droguier, alors qu’un musée de la Pharmacie s’y est installé à partir de 1972.

L’idée d’un droguier est née à Montpellier en 1588. Bernadin II Duranc, apothicaire montpelliérain, décide de constituer dans sa boutique un échantillonnage de ses préparations. Elle est reprise en 1633 par l’Université qui crée officiellement son propre droguier à la Faculté de Médecine. Le Droguier de Pharmacie se développe dès le début du XIXe siècle. Essentiellement constitué de drogues végétales, il doit ses nombreux échantillons aux professeurs de « Matière Médicale et de Pharmacognosie » qui se sont succédés à cette chaire. Il s’enrichira au fil des ans de nombreuses drogues en provenance du monde entier. Le droguier conserve armoires et bocaux du local d’origine et présente aujourd’hui sur une surface de 250 m² une collection unique regroupant environ 10 000 drogues ce qui le place au second rang parmi les droguiers de France.

Le musée de la Pharmacie « Albert Ciurana », du nom de son créateur, aborde, dans une atmosphère intimiste, l’histoire d’une profession et de ses différentes composantes (pharmacie industrielle, biologique, hospitalière et officinale). C’est le seul Musée de pharmacie de cette importance se trouvant sur un site universitaire. Tous les objets, livres, meubles, bustes, peintures à l’huile, machines qui intéressent l’art pharmaceutique proviennent de dons. Ils concrétisent l’avancement des sciences pharmaceutiques au cours des siècles, liant théorie et pratique. Inséparable de la pensée médicale, le médicament en est une des finalités et va donc évoluer de siècle en siècle. Les matières premières dont il est issu demandent une connaissance approfondie du végétal, du minéral et de l’organique. C’est pourquoi on retrouve la botanique, la physico-chimie, la mycologie, la toxicologie et ses poisons…mais aussi les hommes qui ont participés à l’aventure humaine. Parmi eux deux savants montpelliérains, connus par les spécialistes du monde entier : A.-J. Balard, pharmacien chimiste qui a découvert le brome, et J.-E. Planchon botaniste, pharmacien, médecin et docteur es sciences, et son équipe qui ont mis un nom sur une maladie parasitaire de la vigne, le phylloxéra et trouvé un traitement. Ils ont évité la disparition de la vigne française au XIXe siècle. La connaissance du vin est également représentée au Musée car c’est à un des maîtres de la Pharmacie montpelliéraine que l’on doit la création du diplôme d’oenologue en 1955, le professeur P. Jaulme, toujours délivré par l’UFR des Sciences pharmaceutiques et biologiques. Ce Musée est plus particulièrement dédié au pharmacien d’officine avec la reconstitution de pharmacies du XIXe et XXe siècles. Cette profession s’exerce dans une ville marquée par son école de médecine d’où l’étroite alliance avec les dispensateurs de drogues. Le remède n’étant point une denrée ordinaire la Législation est donc omni présente par ses livres et ses Codex. Montpellier a figuré également parmi les centres de production de faïences : chevrettes, albarelli ou pots de « monstre » y étaient nombreux à sortir de ses fours. Enfin, Saint Roch, natif de Montpellier, saint guérisseur de la peste, est l’emblème du Collège des apothicaires depuis le XVIIe siècle.

Source Université Montpellier 1